dimanche, mars 30, 2008

la yeuseraie dans le pays vide

Dans la vaste famille des chênes l’yeuse se distingue par ses petites feuilles caoutchouteuses et griffues qui ne succombent pas à la mort hivernale. Elle peut dépasser la dizaine de mètres
Grande yeuse - Ganagobie
Photo. C. B.
mais elle revêt souvent l’aspect d’un arbuste noiraud et buissonnant. C’est le chêne caractéristique de la forêt méditerranéenne, d’où il a presque complètement disparu, victime des défrichements et de la surexploitation. Depuis le temps des romains jusqu’au XIXe siècle, l’yeuse tint lieu de charbon et de pétrole. En outre, on la dépeçait pour les besoins des tanneries, et ses glandées donnent son goût particulier à la charcuterie corse. « Comme dans le cochon, tout est bon dans le chêne ! » écrit Josiane Ubaud [1]. En sorte que, des yeuseraies qui couvraient tout le pourtour de la Méditerranée, ne subsistent que quelques lambeaux.
L’yeuse est une parente végétale de l’androgyne primordial, ancêtre mythique de l’humanité. Elle porte des semences mâles et femelles et n’a besoin d’aucun concours, aucun partenaire pour se reproduire. Observés de près, ses petits glands évocateurs vous en convaincront…

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